vendredi 11 mars 2011

Fatigue

Sans préavis, tout à coup la fatigue me saisit, une grande fuite d’énergie. Comme si ma vie s’écoulait par un orifice invisible, comme si j’étais débranchée d’un raccordement indispensable pour me maintenir en fonctionnement …
Cette sensation de faiblesse n’est pas réellement accompagnée d’angoisse … Mais il faut que je cesse mon activité du moment, je suis en panne.
Rétrospectivement, cette idée de panne m’amène la réflexion suivante : j’ai entre 21 et 23 ans, âge auquel je vais commencer mon analyse. Mais je suis encore pilotée de l’intérieur par des forces conflictuelles que je ne comprends pas, sur lesquelles je n’ai aucun moyen d’action.
Ce côté mécanique que je ressens (énergie, débranchée, raccordement, panne, …) est très révélateur de ce que je vis avant l’analyse : aux prises avec des mouvements incompréhensibles qui se font la guerre en moi, dans des moments où je ne parviens pas à gérer harmonieusement les évènements de la vie quotidienne.
Plus tard, ayant démarré mon analyse, j’ai eu la possibilité d’analyser ces moments, qui ont bien sûr continué quelques temps dans les débuts : toujours causés par une situation, souvent très banale, mais qui met en jeu un conflit entre un désir que j’ai et, disons, la position que j’ai intégrée par mon éducation, comme étant adéquate et permise. Le désir, lui, n’étant pas permis.
Là où c’est compliqué et invivable, c’est que les désirs peuvent être tout aussi simples et acceptables que : réussir dans une activité professionnelle, s’engager dans la vie publique, mais qu’ils sont intriqués avec d’autres désirs : de plaire, de séduire, de jouir qui ceux-là ont été formellement interdits.
Mais rapidement, après cette fatigue, un autre phénomène survient. Et avec lui, une angoisse et une terreur indicibles. Je suis moi et je suis en même temps à côté de moi.
Ça doit être ça qu'on appelle être à côté de ses pompes. Ça pourrait faire rire, si ce n'était l'horreur absolue.

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