dimanche 3 novembre 2013

Comment j'ai vu Gravity

Au-delà d'un superbe film d'aventure, d'un film catastrophe haletant, j'ai très vite été frappée par l'omniprésence de références au cordon ombilical : lien vital entre Ryan et Matt, les deux héros du film, lien mortifère dont Ryan doit se dégager lorsque son vaisseau est empêtré dans les cordes du parachute, lien que Matt doit couper, au péril de sa vie, pour que Ryan ait une chance de survie, lorsqu'il se détache d'elle, lien encore par radio avec Houston, lien de Ryan avec sa fille ...
Cela m'a amenée à lire ce film bien au-delà de l'histoire racontée. J'y ai vu une gestation, jusqu'à la dernière séquence, qui figure la naissance. Avec les nombreuses scènes en apesanteur, la position foetale prise par Ryan dans une scène, le cordon omniprésent. Gestation peu confortable, avec souffrance foetale, mais Ryan pourrait choisir de rester dans le cocon maternel de la capsule spatiale, au moment où elle baisse les bras, découragée.

J'y ai vu aussi une réflexion sur la vie et la mort, alternance entre désir de vivre et de mourir. Vivre en pleurant son enfant mort, vivre en étant trop protégé, ou vivre en étant autonome. Mourir d'être trop protégé, mourir pour laisser vivre l'autre, mourir parce que c'est la seule issue.
Et c'est un des aspects fascinants du film, qu'il raconte ainsi tant d'histoires en parallèle. Le mouvement de l'envie de mourir vers le désir de vivre de Ryan, et en même temps le mouvement du désir de vivre vers la nécessité de mourir de Matt. Vouloir vivre et accepter de mourir.

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